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Oh non ils ne se ressemblent pas.

Habit de jour. Sourire de rigueur. Tenue de nuit. Larmes en cascade. S’enfoncer dans le doute. S’épuiser des idées. Crouler sous la culpabilité. Douter des sa capacité à continuer.

Marcher à l’aveugle. Saisir le sourire ou le regard. Ceux qui font chaud un peu. Ceux qui font croire que….

Sentir ses doigts glisser. Sur une paroi lisse et sans fin. Et sans fin…
Descendre.
Descendre.
Descendre, mais regarder toujours vers la lumière, la haut, très haut, très loin

12.10.08 20:44


Les dimanches se suivent et ne se ressemblent en rien

Après-midi dans le canapé. Pas la grande forme. Attrapé la crève sur le chantier. La nuit en apnée, assise dans le lit pour ne pas réveiller la tribu avec mes accès de toux. Réveil pas en forme bouche gluante avec l’impression d’avoir un sac de sable sous chaque paupière. Bof… Je ne suis plus à ça près. Et encore c’est ce qui m’arrive de plus supportable puisque d’ici quelques jours, grâce à mes gellules et à mon Lhening 52, ce sera fini. Bon, je voulais pas ressasser alors Stop…
Non, ce que je voulais raconter, c’est autre chose. De mon canapé, je surveille TDC3 qui s’est mise en tête de refaire son cahier de français qu’elle trouvait dégueu. Et pour sûr il est bien dégueu. Juste deux mois de cours et déjà il set tout corné, les photocopies dépassent de tous les côtés, l’écriture laisse largement à désirer. Je repense aux bons vieux classeurs et aux bons vieux cartables de mes années collège et lycée. Qui a eux cette idée naze un jour d’inventer le sac à dos ? Parce que dans un vrai de vrai cartable on range ses affaires et elles restent en bon état. Je sais ce n’est pas très tendance. Et mes enfants crieraient au martyr si à la place de leur Eastpack, je leur payais un cartable en cuir. Pour ce qui est du « bon vieux classeur », lui ne semble plus avoir les faveurs des profs. Dans la liste de début d’année, il n’y avait pas moins de 8 cahiers grand format à acheter. Mais grand format, ce n’est pas forcément 8 fois le même cahier de la même taille. Il y a celui qui les veut à spirale, et celui qui les veut surtout sans spirales, celui qui les veut avec lignes et celui qui les veut avec carreaux, celui qui veut du 96 pages et celui qui demande du 192, celui qui exige du 21par 27 et celui qui veut du 32 par je ne sais plus combien, format pratiquement introuvable dans les discount et les supermarchés. Un bon gros classeur, avec intercalaires, permettrait juste de demander des couleurs de feuilles différentes ou des lignes ou des carreaux. Il permettrait d’avoir moins de poids dans le cartable, et aussi, de n’avoir à recopier que les feuilles un peu crades quand c’est nécessaire. Ayant deux tdc, j’ai donc dû acheter 16 cahiers grand format à la rentrèe. Et en face de moi, TDC3 peine et va craquer bientôt car il lui reste dix pages encore à recopier… Bon elle l’a voulu tant pis pour elle.
Pendant ce temps, TDC 2, que l’idée de recopier ses cahiers n’effleure pas, joue dans sa chambre avec sa console. Ce matin, il était au foot et cet après midi il joue au foot sur la console. Je n’aime pas beaucoup le foot, je l’ai déjà dit. Lui il aime ça. D’ailleurs, il avait commencé l’année en mettant à lui seul 9 but dans la lucarne en un seul match et il est tout de suite passé dans l’équipe de niveau supérieur. Depuis, avec les « A », ils ont fait un 7-0 et ce matin un 7-1. Là, il n’a pas marqué seul. Bref, s’il n’aime pas et n’excelle pas à l’école, il trouve au moins son plaisir à s’exprimer au foot. Ce qui me dérange, c’est que dès qu’il se pose devant sa console, c’est pour jouer à quoi ??? Au foot. Et cet après-midi, depuis mon canapé, juste au-dessus de la chambre de TDC2, j’ai réalisé à quel point les jeux vidéo c’est de la merde. TDC2 était devant sa partie. Je pense qu’il joue le rôle d’un Zid ou d’un Rib. Et il rentre dans son rôle. Il hurle après l’arbitre. Les insultes pleuvent. Les menaces, les « tu veux mon doigt dans ton c.. ». Il hurle devant son écran. Je réalise à quel point est perverse cette simulation d’une réalité. Je suis atterrée par la violence qu’elle fait naître. Je me dis que si TDC est devenu aussi grossier et agressif parfois, c’est sûrement aussi dû au fait qu’il passe du temps face à ces personnages virtuels. Lorsqu’il remonte de sa chambre, pour le repas ou pour réintégrer la famille, le langage devient de plus en plus le même que celui que j’ai entendu cet après-midi. Peut-on parler à sa sœur comme on parle à ce petit bonhomme en short sur la télé ? Réalité, virtuel, télé, vie on confond tout. Ce matin, j’écoutais un micro-trottoir à la radio. On demandais aux visiteurs pourquoi ils allaient au salon de l’auto voir des Ferraris et des Lamborginis. Et une réponse m’a faite halluciner : «  Avec la crise à la radio et à la télé….. » Mon bonhomme, la crise, elle n’est pas que dans la boîte qui fait du bruit, ni dans celle où ça bouge comme des images. La crise, elle est dans le monde, le vrai, le tien le mien. Alors, TDC 2, je comprends que finalement la violence qui sort de toi face au petit arbitre virtuel, tu n’arrives plus à la faire terre face à ta famille. Je dois te faire réaliser ça et vite. Alors, tout à l’heure, j’ai préparé un chocolat chaud, et j’ai invité les TDC à goûter avec moi.  Et j’ai expliqué à TDC2 que j’avais entendu ce qu’il disait devant sa console. J’ai expliqué à quel point c’était dangereux de se laisser aller à une telle violence. J’ai promis que si j’entendais à nouveau ce genre de débordement, la console disparaîtrait. Depuis, il est redescendu, et tout est calme.

12.10.08 20:43


UNe histoire drôle pour changer

Madame Arthur tu la connais déjà.

Ici on aime bien jouer au scrabble. La gazelle est championne.

Pour la première fois cet été j'ai joué avec tdc3.

Elle regardait ses 7 lettres sans savoir qu'en faire et j'ai jeté un oeil pour l'aider. Il y avait "verge".

Je lui propose et lui explique le sens du mot.

Le lendemain, en voiture, nous racontons l'histoire à Madame Arthur et Monsieur Arthur.

Et TDC 3 rajoute : "Quand même verge c'est un drôle de mot pour dire bite !"

 Ce n'est pas plif-plof qui me contredira.

 

12.10.08 16:25


coucou c'est un peu vieux mais...

J’ai aimé cette semaine là. Un bol d’air pour un début de chantier qui promet de ne pas être triste.
Une équipe… de choc, je ne sais pas, mais de durs à cuire je le pense. Le chef est celui, pour ceux qui suivent, un chefaillon imbu de pouvoir et terrorisé à l’idée qu’on puisse prendre sa place, auquel il y a deux ans, avec lequel je me suis un peu lâchée. Entre autre je lui ai dit qu’il me faisait chier et que je l’emmerdais… Pour ceux qui seraient curieux, l’anecdote est à retrouver dans les archives de l’été 2006. Nous ajouterons à la guirlande de tordus, la présence de Jean-Pantoufle, archives été 2007. Viennent ensuite quelques autres narkéos qui n’ont pas vraiment leur langue dans la poche et sont prompt à dégainer si le chefaillon joue les « Fürher ». Petit chantier de ville qui durera trois mois pour la phase de terrain et plus pour ceux qui participeront à l’étude, et dont je serai, si j’arrive à me tenir à carreaux. Il va me falloir tourner 7 fois ma langue dans ma bouche tous les matins avant d’aller bosser, mais je le ferai, je vais gérer tous les petits trèsors qui vont sortir de terre, et les bichonner comme j’aime, alors ça vaut le coup de tenter de garder son calme. J’aurai sûrement quelques anecdotes croustifondantes à relater, d’ici peu. Déjà, Jean-pantoufle qui est affecté à la pelle, fatigue tout le monde avec ses jérémiades. Il menace tous les jours de quitter la boîte pour aller bosser à l’étranger où paraît-il il est fort demandé. Mais bien sûr !!! Personne ne croit plus à ses menaces, mais espère qu’il les mettra un jour à exécution. Comme il le dit si bien «  Je suis à deux doigts de quitter la boîte et vous allez tous être bien emmerdés après ». Si j’avais des larmes à gaspiller je pleurerais….
Alors ma semaine de stage m’a permis d’éviter les jérémiades de Jean-Pantoufle, qui s’entraîne pour les championnats du monde de la mauvaise foi. Il a ses chances pour la médaille d’or.
Le stage avait pour titre « le mobilier : du terrain au carton », jolie image pour résumer le parcours d’un objet entre sa sortie de terre et son entrée dans les collections de musées. Plus particulièrement, nous avons appris les gestes à faire et les erreurs à ne pas faire face à chaque type de vestige. Le Samu des narkéos en quelques sortes. Le sauvetage, la conservation, la restauration du verre du fer du cuir de l’os des métaux, et bien sûr de la céramique. Le labo de conservation étant dans les locaux d’un musée, en prime, nous avons eu droit à des visites de collections, de préparations d’expositions, d’expos en cours, de kilomètres de rayonnages où sont déposés des objets venant des temps le plus éloignés, et de pays lointains. Collections de silex, collections ethnos avec masques, flêches, instruments de musique, collection égyptiennes, tissus, robes, chapeaux, … Ce qui nous est montré en vitrine, est une infime partie de ce qui se trouve dans les réserves.
Outre les parties théoriques et pratiques des stages, ce que j’aime, c’est la partie humaine qu’ils apportent. On se retrouve pour quelques jours, en petit groupe, avec la même envie d’apprendre, de partager des expériences. On ne se connaît pas, on passe une semaine ensemble, et souvent on ne se revoit plus. Ou bien on se croise à nouveau ailleurs dans un autre stage, ou lors d’une réunion. Le soir on va boire un verre entre stagiaires. On se raconte nos vies, nos chantiers, nos histoires. A la fin on échange les mails. Il y a ceux que l’on oubliera vite et qui ne serviront jamais. On sait déjà avec qui on gardera contact. Je sais que j’écrirai à Céline et à Sophie, à Virgile peut-être aussi, je croiserai Sandra et François c’est sûr, car ils ne sont pas loin dans la ville. J’ai déjà presque oublié les deux Florence et Emmanuel. Dans 15 jours, je ferai mon second stage de l’année sur l’étude des céramiques antiques, il va falloir s’accrocher méli-mélo, ça va être du costaud là. Quelques jours à Millau en perspective. L’air de l’Aveyron, que j’ai respiré il y a déjà deux ans. Une semaine à l’hôtel. Une semaine à l’école des hautes études je ne sais pas quoi. Jean-Pantoufle dit que nous bossons dans une boîte de merde, je ne suis pas de son avis. Ce garçon ne mérite pas sa chance, il devrait aller vivre dans son tipi loin de tout et nous foutre la paix.

12.10.08 16:09


Vivante

Je vais revenir, bientôt. Mais, là, je tiens une corde pour ne pas couler à pic. Alors je ne peux pas la lâcher pour tenir la souris et taper... Même si on le sait les femmes ... extraordinaires un jour, exceptionnelles le lendemain,  peuvent faire on le sait dix choses en même temps. Vous les femmes il disais le Julio... Nous les hommes pauvres diables... Bref je voulais juste dire bonjour.
10.10.08 07:28


un dimanche

Nous sommes le 5 octobre 2008. J'espère que cette date fera date. Comprenne qui pourra.
5.10.08 18:17


du salmigondis au gratte-bosse

Il y a des mots qu’on aime et ceux que l’on n’aime pas. Il y a les mots qu’on n’entend rarement autour de soi, question de milieu  et ceux que l’on n’entend plus parce qu’on a changé de vie, de région. Et ceux qui nous collent à la peau, des mots scotch ou boomerang. Moi mon mot que j’aime à moi, c’est salmigondis. Je le trouve compliqué, joli et rare. Il est bizarre et pas très harmonieux. Il ne glisse pas, il claque un peu sous la langue. Je l’aime ce mot-là. Vraiment. J’aime aussi son sens, il ressemble bien à ce qu’il veut dire. Bref c’est mon mot. Celui que j’entends rarement, c’est tricot, mais il y a aussi fer à repasser, ça je sais pourquoi, il est denrée rare chez moi. Tant et si bien que les tdc n’ont découvert que récemment ce terme. Avant ils appelaient ça un « repasseur », d’ailleurs ils croient aussi que l’aspirateur est de sexe féminin et s’écrit la spirateur… Sérieux. Mais je crois que pour la spirateur ils le font exprès pour me faire enrager, et écorcher mes oreilles sensibles aux fautes de français. Et puis il y a aussi ceux que j’ai perdus, que j’entendais enfant et que je n’emploie plus. Parfois, ils surgissent au détour d’une conversation avec frérot ou soeurette. Parfois, je les entends prononcés par des inconnus et je devine qu’ils ont du passer leur enfance pas loin de chez moi, là-bas dans les Landes. Les « Dia !!! » les « té !!! », les « flamber la porte », les « aiguise-crayons », ne sont pas parvenus jusqu’à Bordeaux, et je les ai perdus avec les années. Mais quand je les entends, quelque chose remue au fond de moi. Et puis, il y a le mot scotch, le mot boomerang. Le mot avec le quel on ne sait pas sur quel pied danser. Le mien c’est « intello ». Parce que celui-là, je trouve qu’il oscille entre la prétention et le mépris, le péjoratif et le gonflé d’orgueil. Il me suit depuis longtemps. Il me colle à la peau comme un post-it. Enfant, immergée dans le monde des mots plus que dans celui des poupées, je ne devais pas être une sœur très rigolote. Pas très attirée par les exercices sportifs, je levais rarement les yeux de mes livres. Vite traitée d’intello par mes frères et sœurs. Je recevais ce qualificatif comme une insulte. Et lorsqu’il me suivit du collège au lycée aux amis, je me demandais bien pourquoi. Bien, depuis, que se soit mes tdc, mes amis, ou les hommes que je rencontre, le mot finit toujours par me retomber sur le coin du nez à un moment ou à un autre. Il vaut mieux ça que connasse ou débile. Mais j’ai toujours l’impression qu’il y a erreur. Que non je ne suis pas ça.
Mais ce qui m’horripile avec ce mot c’est le nombre de personnes qui s’auto-proclament intellectuels. Le « nous, les intellectuels » m’insupporte. Je lisais il y a peu un bouquin dans lequel Gisèle Halimi, raconte sa vie. Et au fil des pages elle se qualifie d’intellectuelle, et s’associe à un groupe d’humains, dont on sent qu’ils sont largement au-dessus de la mêlée des pauvres autres. J’aime beaucoup Agnès Jaoui, mais elle aussi dans une interview sur Inter, s’est attribuée ce qualificatif, pour se ranger dans le clan de ceux qui pensent pour les autres. Qu’est-ce qui permet à cette femme de se dire une intellectuelle. C’est quoi le critère ? Comprends pas. Il faudrait que quelqu’un m’explique.
Pour en revenir aux mots, j’en ai rencontré un cette semaine. Il m’a plu tout de suite. Je vous le livre : gratte-bosse. Pas mal non ? C’est un outil utilisé par les joaillier pour polir le métal. Je faisais un stage de restauration de mobilier narkéo, dans un musée, et on nous en a montré l’objet. Un pinceau très drôle, qui en narkéo, sert à gratter les objets en métal sortis de terre. En plus, ce mot je vais pouvoir le faire entrer dans mon vocabulaire quotidien. Parce que depuis vendredi, j’ai un gratte-bosse à moi. Les restauratrices m’en ont offert un. Mais attention, faut pas toucher le gratte-bosse à main nues, les poils sont en fibre de verre. Si tu le touches sans gants, c’est comme si tu mettais les mains dans un bouquet d’orties. Un qui s’y frotte s’y pique….

28.9.08 17:18


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